Arago me raconte l'histoire suivante. Un jeune prêtre, sous-maître dans un séminaire, confesse un de ses élèves, qui avoue qu'il a péché cinq fois d'une certaine manière. Le cas paraissant grave, il en réfère au supérieur pour savoir quelle pénitence imposer. Le supérieur lui dit qu'il n'y a rien de plus simple, que le coupable dira dix Pater, huit Credo, quinze Ave. Le lendemain un autre élève se confesse de trois péchés du même genre. Le confesseur ne pouvant faire une règle de proportion, lui dit de pécher encore deux fois, et de dire ensuite dix Pater, etc., etc.

Adieu, mon cher Panizzi. Votre lettre à Piétri a été envoyée dix minutes après son arrivée chez moi.

LXXXIV

Paris, 8 juin 1866.

Mon cher Panizzi,

Vous dites que vous comptez pour les affaires d'Italie sur Dieu et Napoléon III. Il me paraît qu'il y en a déjà un qui se prépare. J'ai tout lieu de croire que M. Fould, dont la guerre détruirait tous les plans financiers, a l'intention de se retirer. Sa retraite veut dire un emprunt ; un emprunt veut dire la guerre.

Il y a ici l'aversion la plus profonde pour la guerre, et contre les Prussiens. La question est de savoir si on peut en redonner le goût?

Adieu ; soignez-vous et faites-moi connaître vos derniers projets et surtout les dates.

LXXXV

Paris, 10 juin 1866.