Il me semble qu'il y a en Angleterre une assez forte irritation contre la partialité de la reine pour les Prussiens. Est-il vrai qu'un certain nombre de membres du Parlement se sont abstenus de voter l'autre jour dans l'affaire Stanfeld, pour ne pas mettre le cabinet en déconfiture?

On raconte une jolie histoire du ministre de Prusse, qui s'est excusé de n'avoir pas bu à la santé du roi de Danemark en disant qu'il avait pris médecine ce jour-là.

Hier, j'ai dîné chez la duchesse de Bassano et j'ai mangé des petits pois d'Alger. C'était fort mauvais.

Je crains bien quelque nouvelle sottise de Garibaldi. On prétend qu'on lui prépare une ovation magnifique en Angleterre. Est-ce qu'il n'y a pas quelque journal sensé qui fasse justice de ce cerveau brûlé?

Je n'ose faire de projet pour ce printemps. Je suis en assez piètre état de santé et je ne sais trop comment je serai dans un mois ; mais, si je ne suis pas trop mal, j'irai vous voir lorsqu'il n'y aura plus trop de dîners.

Adieu, mon cher Panizzi ; rappelez-moi au souvenir de nos amis.

VIII

Paris, 1er avril 1864.

Mon cher Panizzi,

Il paraît que l'archiduc hésite au dernier moment. Les uns disent que l'archiduchesse en est la cause ; d'autres la rapportent à notre saint-père le pape, très mécontent, dit-on, du général Bazaine, qui n'est pas si facile que son prédécesseur le maréchal Forey, et qui, pour cette raison, a été excommunié par l'archevêque de Mexico, dont il n'a pas voulu suivre les avis.