CHAPITRE XVIII
LA DERNIÈRE CHANCE
Notre première occupation, le lendemain, fut de dépouiller l’ours de sa peau, que nous voulions porter en trophée à William’s Creek. Puis, ayant creusé un trou, nous y plaçâmes les pattes de maître Martin, et nous allumâmes un grand feu par-dessus. Nous recommandons ce procédé indien à nos lecteurs: il n’y a pas de mets recherché qui puisse se comparer à des pattes d’ours cuites de cette façon.
Cette agréable besogne terminée, nous reprîmes notre travail sur les rives du ruisseau; mais n’ayant rien trouvé, nous revînmes dîner un peu découragés. Après ce repas, nous résolûmes de faire une dernière tentative à environ deux milles plus haut vers les sources du ruisseau.
Il se mit à exécuter une danse folle.
Quelques coups de pioche nous amenèrent au rocher, et pendant que je continuais à creuser, Pat prit une bonne pelletée de la terre que nous venions d’extraire et descendit au bord du ruisseau pour procéder au lavage.
Tout à coup, j’entendis sa voix joyeuse qui m’appelait. Je laissai tomber ma pioche et me mis à courir vers lui. Il était assis par terre, la boîte à laver entre les jambes.
«Eh bien, qu’y a-t-il? As-tu vu un autre ours? lui dis-je en regardant autour de moi, tout essoufflé par ma course après les rochers.
—Au diable l’ours, répondit-il; tenez!» Et prenant dans ses doigts une poignée de terre humide, il se leva et se mit à exécuter une danse folle et bizarre.