Le 21, nous étions à la hauteur de Malte et à la vue du port.
Le lendemain 22, les troupes descendirent au lever du soleil sur différents points de l'île. D'abord elles n'éprouvèrent presque aucune résistance; mais s'étant avancées jusque sous les glacis de Cité-Valette, le canon des remparts blessa encore douze hommes.
Le 23 au matin, les assiégés demandèrent une suspension d'armes, qui fut conclue pour vingt-quatre heures, et à minuit on signa à bord de l'Orient une convention définitive.
L'armée est entrée en conséquence dans la place le 24, et a pris possession des forts.
Le 25 à midi, l'escadre est venue mouiller dans le port, et l'on a descendu à terre, et transporté nos malades dans le grand et magnifique hôpital de Cité-Valette, monument respectable des antiques institutions de l'ordre, et où nous avons trouvé les chevaliers malades confondus avec les soldats, les matelots, les pauvres habitants de l'île, et des étrangers, tous soignés sans autres préférences que celles qu'exigeait la gravité de leurs maux.
Le mouvement du 29 a donné cent soixante-dix-huit fiévreux, soixante-quinze blessés, et soixante-cinq vénériens; ce qui forme un total de trois cents dix-huit malades pour plus de quarante mille hommes.
Il y a eu dans la traversée, à bord du Causse, trois petites-véroles confluentes, qui se terminent heureusement.
Les maladies prédominantes consistent dans quelques inflammations de poitrine, des fièvres gastriques, des intermittentes, des diarrhées bilieuses, et un petit nombre de dysenteries muqueuses.
Parmi les blessés il y en a peu qui le soient grièvement.
L'ancienne administration de l'hôpital, fort bien organisée, continuera ses fonctions.