Nous laissons à Malte deux médecins, un chirurgien de première classe, un de deuxième, et quatre de troisième. Par un ordre exprès de l'ordonnateur en chef l'ancien pharmacien de l'établissement est conservé, et aura sous ses ordres quatre pharmaciens de l'armée, dont un de deuxième classe, et les autres de troisième.
Le général en chef a ordonné qu'il serait fait dans l'hôpital de Malte des cours d'anatomie, de médecine, et d'accouchements.
En quittant cette île nous prescrivons aux officiers de santé en chef que nous y laissons de correspondre directement et fréquemment avec vous, de vous demander une confirmation ou des mutations, car nous pressentons que nous allons nous éloigner d'eux de manière à ne plus conserver de rapports de service.
Signés les officiers de santé en chef.
P. S. Cette lettre, expédiée double sous l'enveloppe du ministre de la guerre, est envoyée par la frégate la Sensible.»
En laissant à Malte une garnison, on emmena à-peu-près un nombre équivalent de troupes de terre et de mer.
On évaluait, le 1er messidor, jour de notre départ, l'armée de terre à trente mille hommes, et celle de mer à douze mille.
François Ygré, second maître canonnier sur la galiote à bombes l'Hercule, offrit au général en chef, par une lettre du 12 du même mois, ses services dans le traitement de la peste, avec laquelle il se disait très familiarisé. J'ai conservé son nom, parce que, quoiqu'il n'ait point eu de mission spéciale, il a, d'après la voix publique, assisté à Alexandrie, pendant tout notre séjour en Égypte, beaucoup de pestiférés avec assiduité, courage, et même une sorte de désintéressement.
Le 13, l'armée débarqua à la vue d'Alexandrie; le lendemain la place fut emportée.
En mettant pied à terre nos troupes furent extrêmement inquiétées par la piqûre des scorpions, qui sont plus gros que ceux d'Europe; je remis en conséquence et sur sa demande au général de division Berthier, chef de l'état-major-général, l'avis suivant, qui fut inséré dans l'ordre du jour de l'armée du 15 (no 56 de ma correspondance.)