Je trouve dans mes notes du mois suivant que le lazaret du Kaire, situé dans l'île de Boulak, plus connue par l'armée sous le nom d'île de la quarantaine, recevait presque tous les jours des malades, que visitait avec beaucoup de soin le citoyen Emeric, qui m'adressait chaque matin un bulletin individuel.
J'écrivis au général en chef la lettre suivante (no 570 de ma correspondance).
Au quartier-général du Kaire, le 15 frimaire an IX.
«Général,
«J'ai trouvé ce matin, à 7 heures, la soixante-neuvième demi-brigade qui manœuvrait sur l'esplanade du fort de l'institut, au milieu d'un épais brouillard, auquel il est dangereux d'être exposé sans nécessité. Quand les circonstances exigent que les troupes essuient ainsi l'humidité, il conviendrait de donner à chaque homme une petite quantité d'eau-de-vie.
Salut et respect.»
Le 22, j'écrivis à l'ordonnateur en chef la lettre suivante (no 574 de ma correspondance).
«Citoyen, les médecins, et particulièrement ceux employés dans cette place, se sont très souvent plaints, et viennent encore de se plaindre à moi de ce que les officiers de santé attachés aux corps de troupes envoient leurs malades beaucoup trop tard dans les hôpitaux; ils y arrivent souvent sans ressource, et paraissent n'y avoir été envoyés que pour mourir: veuillez bien faire prendre au général en chef une détermination qui remédie à un abus aussi pernicieux.»
J'écrivis, le 26, à l'ordonnateur chargé de la police supérieure des hôpitaux, la lettre suivante (no 575 de ma correspondance).
«Les hôpitaux de cette place, citoyen, sont bien tenus sous le rapport de la propreté, des fournitures, et des aliments; mais il serait à désirer que le vinaigre, article très essentiel, fût, s'il est possible, de meilleure qualité.»