J'ai l'honneur de vous saluer.»

Au lazaret de Marseille, le 1er brumaire an X.

Citoyens,

Je vous écris fréquemment, parce que je crois pouvoir calmer par ce moyen une partie des sollicitudes du ministre sur les restes précieux d'une armée constamment l'objet de ses affections.

Vous trouverez ci-joint le mouvement journalier de l'hôpital établi dans le lazaret de Marseille pour la troisième décade de vendémiaire, relevé d'après les mouvements délivrés par l'économe, certifiés par le médecin de l'armée chargé du service, et visés par le commissaire des guerres chargé de la police dudit établissement.

La note qui répond au 15 vendémiaire vous fera connaître que l'évacuation dont je vous ai prévenus le même jour par ma lettre no 815, a eu lieu le lendemain.

Une seconde note portée sur le même mouvement indique que les seize bâtiments de l'arrivée desquels je vous prévenais aussi, et notamment le Julius-César, n'ont pu, à cause de la houle, débarquer leurs malades avant le 30. Cette cinquantaine de malades va recevoir les soins que nous lui devons, et que lui assurent la cordialité fraternelle de nos troupes, et les sentiments distingués et connus des généraux qui les commandent.

Nos maladies sont, comme je vous l'ai annoncé, des dysenteries chroniques: nos derniers entrants ont été affectés d'un violent coup de vent du nord, qui a porté sur les organes de la respiration et de la déglutition des hommes mal couverts; mais au moment où j'écris le vent paraît vouloir passer au sud.

Je vous enverrai au sortir de ma quarantaine, qui sera, je l'espère, terminée le 9 du courant, 1o une note des travaux publiés par les médecins de l'armée d'Orient; 2o celle des travaux déposés entre mes mains; 3o celle des travaux annoncés. J'aurais voulu faire beaucoup plus, et je m'y suis pris de toutes les manières pour exciter les autres à faire davantage; mais des circonstances pénibles et difficiles ont contrarié mon zèle et l'ardent désir que j'avais de vous offrir l'hommage d'un travail plus complet, et plus digne de l'attention de l'Europe, si longtemps fixée sur notre armée[26].

J'ai l'honneur de vous saluer.»