«J'ai l'honneur de vous prévenir, citoyen collègue, d'une évacuation d'environ 130 malades, au nombre desquels il y a 32 fiévreux, et qui doit avoir lieu demain sur votre hôpital.
J'ai donné des ordres pour qu'il vous fût adressé une liste nominale avec l'indication de l'état antérieur et actuel de chaque malade.
J'informerai de ce mouvement le conseil de santé des armées, et il ne pourra plus concevoir d'inquiétude pour nos malades quand il saura qu'ils sont confiés à vos soins.»
J'écrivis au conseil les deux lettres suivantes, que je crois devoir rapporter ici (no 815 et 824 de ma correspondance).
Au lazaret de Marseille, le 25 vendémiaire an X.
«Citoyens,
J'ai eu l'honneur de vous faire connaître par ma lettre du 21 du courant, no 807, l'état des malades arrivés à bord des vaisseaux-hôpitaux l'Amiral-Mann, et le Niger, et de ceux fournis par les autres bâtiments de cartel.
Demain 26, une portion de ces malades sera évacuée avec toutes les formalités exigées et requises sur l'hôpital militaire de Marseille; l'autre portion est déjà rentrée ou rentrera dans le jour dans les différents corps.
J'ai la satisfaction de vous annoncer que le Julius-César, autre vaisseau-hôpital, est entré dans le port de Pomegue le 22 du courant. D'après le rapport que m'adresse le citoyen Carrié, médecin de l'armée chargé du service de ce bâtiment, il mit à la voile de la rade d'Aboukir le 13 thermidor; avant de relâcher à Malte il perdit dix-neuf hommes, et il fut contraint de laisser neuf malades dans le lazaret de ce port. Le 25, il n'y a plus sur ce bord que six malades dont un seul l'est très gravement.
Nous n'allons conserver qu'un seul hôpital: il y a aujourd'hui quinze malades; on en attend six ou sept du Julius-César; en supposant que quinze autres bâtiments, à bord desquels se trouvent environ quatre mille hommes, et dont l'un porte notre respectable corps d'invalides, ne fournissent pas plus de malades, le mouvement du 30 de ce mois n'excédera pas quatre-vingt-dix fiévreux.