Salut et respect.
Le général en chef se contenta de rappeler l'exécution de la mesure que je proposais, parce qu'elle était déjà ordonnée par l'administration sanitaire.
Le directeur de la poste militaire de Damiette avait couché avec le garde-magasin, la même nuit où il se plaignit d'être malade; on prit des précautions nécessaires, mais un peu brusques à son égard; ce citoyen, d'un moral calme et d'une constitution forte, ne fut pas même indisposé.
Il entra successivement à l'hôpital militaire plusieurs soldats gravement attaqués de la même maladie, et un très petit nombre guérit. Des recherches exactes ont fait connaître qu'au début de l'épidémie, ces militaires, qui étaient presque tous à la vérité du même corps, la 2e demi-brigade d'infanterie légère, n'étaient ni de la même compagnie, ni de la même caserne ou chambrée.
L'officier-général qui donne ces détails quitta Damiette à la fin de vendémiaire, et il a observé que les grandes chaleurs avaient cessé brusquement, qu'il avait plu abondamment au commencement et quelquefois dans le courant du mois, et qu'enfin la température était devenue très humide.
Si la gravité que m'impose la nature des matières dont j'ai à traiter ne me l'interdisait pas, je pourrais produire ici une lettre extrêmement originale, écrite au général en chef par un Provençal vieilli dans les fonctions de marmiton à bord des vaisseaux, et qui proposait, pour une légère rétribution par tête, de couper, comme avec le tranchant du fer, toutes les dysenteries de l'armée.
Ce fut vers la fin de frimaire que l'épidémie commença à Alexandrie dans l'hôpital de la marine. Le rapport qui le constate est du 24 de ce mois, et on ne peut se dissimuler qu'il y eut au moins de la lenteur dans les déclarations, et par conséquent dans les mesures de précaution et d'isolement, ainsi que l'ordonnateur des lazarets le releva, cependant avec beaucoup de modération.
Je publiai le 30 une notice sur l'emploi de l'huile dans la peste.[5]
Le citoyen Cérésole, médecin de l'armée, que j'avais envoyé dans la haute Égypte, et rappelé depuis à cause de sa mauvaise santé, m'adressa des observations recueillies pendant son séjour dans ce pays.[6]
Les troupes ont joui en général d'une très bonne santé dans le Saïd, quoiqu'elles n'aient pas été exemptes d'ophtalmies et de dysenteries.