Malgré ce que l'on vient de lire, je fus obligé d'adresser le 18 à l'ordonnateur chargé de la police supérieure des hôpitaux des plaintes sur la mauvaise tenue et le désordre qui régnaient dans ceux du Kaire (no 483 de ma correspondance.)
J'appris officiellement le même jour la mort du citoyen Cérésole, médecin de l'armée employé à Alexandrie: il avait contracté dans sa maison, et d'un domestique, une fièvre pestilentielle; son épouse lui rendit les soins les plus affectueux sans en être atteinte. Ce jeune médecin aurait un jour réalisé les grandes espérances qu'il donnait, s'il eût pu concentrer son esprit, qui embrassait trop d'objets dans l'étude déjà si étendue de la médecine.
J'adressai, le 19, au comité administratif, et sur sa demande du même jour, l'état désignatif;
1o Des substances médicamenteuses, simples ou composées, dont l'introduction en Égypte pouvait mériter une prime d'encouragement;
2o De celles qui méritent une exemption de droits d'entrée;
3o De celles qui doivent payer des droits comme provenant de France;
4o De celles qui doivent payer des droits comme provenant de l'étranger (no 485 de ma correspondance).
L'ordre du jour du 20 portait:
«Le général en chef voulant prendre tous les moyens qui pourront préserver les soldats de plusieurs maladies, et notamment de l'ophtalmie, qui provient en grande partie de la fraîcheur et de l'humidité de l'air pendant la nuit, ainsi que de la mauvaise habitude qu'ont la plupart des soldats de dormir sans avoir la tête couverte, ordonne:
D'ici au 15 vendémiaire prochain tous les individus composant l'armée seront pourvus d'une capote, faite avec l'étoffe de laine brune dont se servent ordinairement les Arabes. Tous les corps de l'armée seront chargés de l'achat des étoffes et de la confection des capotes.»