La diarrhée est regardée comme un symptôme mortel; il ne faut cependant pas pour cela abandonner les frictions; quatre malades arrivés à ce point funeste ont été guéris.
L'hôpital de Smyrne a reçu en cinq ans deux cent cinquante pestiférés; et l'on peut dire que tous ceux qui ont été dociles au traitement, ou l'ont reçu à temps, sont guéris.
Le nombre de ceux qui ont été préservés de la peste par les onctions, quand ils n'ont pas fait d'excès, est immense.
L'opuscule dont nous rendons compte est terminé par les attestations favorables des consuls de l'empire, et d'Angleterre à Smyrne, et l'énumération des autorités publiques et de plusieurs hommes recommandables, qui ont cherché à étendre cette méthode dans tous les pays qui peuvent y prendre intérêt.
Nous n'avons rien oublié d'essentiel; nous nous sommes contentés d'écarter toute théorie, pour ne présenter que des faits nombreux, déjà garantis par de nombreux témoignages, et que nous soumettons de nouveau à l'expérience.
(Cette notice a été répandue dans l'armée, signée seulement des initiales R. D. G.)
EXTRAIT
Des observations du citoyen CÉRÉSOLE, médecin ordinaire de l'armée,
dans un voyage, sur la rive occidentale du Nil, du Kaire à Syouth.
L'habitant du Saïd a le teint bronzé ou brun, les traits du visage bien prononcés, les yeux noirs, petits, enfoncés, la prunelle rétrécie, le regard fier; les muscles bien prononcés, dessinent fortement les extrémités. Les traits de la femme sont plus adoucis, les formes plus arrondies; mais elle n'a ni cet éclat de beauté, ni la grâce européenne; un sein flasque et allongé, un ventre proéminent, gâtent de bonne heure ce que leur taille pourrait avoir d'avantageux; leurs yeux cependant sont expressifs, et leurs dents très blanches. À mesure que l'on avance vers Syouth on découvre, dans la forme du nez et des lèvres, la trace des liaisons contractées avec les habitants de l'intérieur de l'Afrique.
Les tempéraments diffèrent selon l'âge et le sexe: les enfants sont en général pituiteux, et par conséquent faibles, tandis que les adultes de l'un et l'autre sexe, les hommes surtout sont sanguins et robustes. Les facultés intellectuelles répondent à la souplesse et à l'activité des organes; elles sont encore évidemment modifiées, ainsi que les forces physiques, par la vie plus ou moins oisive, par les habitudes, le voisinage ou l'éloignement du Nil, l'air plus ou moins pur qu'on respire, enseveli avec les bestiaux dans les étables, ou errant en liberté dans les campagnes.
On trouve ici la sobriété même au sein de l'abondance; les gens aisés couvrent leur table de bon pain, de viandes, de poissons, d'œufs, et de légumes: les pauvres mangent des bouillies de farine du maïs, ou des légumes. Le terme de la vie paraît être à peu près le même chez les uns et les autres, quoiqu'ils mènent une vie bien différente: les hommes commencent à perdre leurs forces vers cinquante ans, et sont très vieux à soixante, à quelques exceptions près; les femmes vieillissent, comme partout, beaucoup plus tôt.