La menstruation et la fécondité commencent de dix à douze ans, et elles se terminent de trente-cinq à quarante, et jusqu'à quarante-cinq ans. Les garçons de douze à quinze ans sont déjà très lascifs; ils s'excitent même par des stimulants, et trouvent assez aisément dans la complaisance de l'autre sexe de quoi satisfaire leurs besoins. C'est peut-être pour cela que la masturbation, qui fait parmi nous tant de ravages, leur paraît peu familière.
L'eau du Nil simple, clarifiée ou filtrée, est la boissons ordinaire; mais les Égyptiens ne boivent pas toujours lorsqu'ils en éprouvent l'envie; ils préfèrent de passer de l'eau dans leur bouche à plusieurs reprises sans l'avaler: ils prétendent que cette eau, si salutaire quand elle est prise avec modération, devient nuisible lorsqu'on en boit excessivement, qu'elle cause des sueurs ou des urines trop abondantes, qu'elle donne des cours de ventre, et affaiblit considérablement. Ils font leurs délices de leurs sorbets, de l'eau de réglisse, des pilules de chanvre, et de quelques confitures qui ne trouveraient pas chez nous le même accueil.
Les enfants des deux sexes sont communément nus, de dix à douze ans, dans les campagnes de Minyéh et de Syouth, et l'on s'aperçoit que, dans les uns et les autres, les organes de la génération sont bien développés; un habillement léger, de laine ou de coton, recouvre ensuite leur peau endurcie et basanée: ils conservent d'ailleurs dans leurs vêtements et leurs turbans les formes reçues dans la basse Égypte.
Les hommes logent pêle-mêle, au rez-de-chaussée, avec les animaux domestiques, et couchent seulement sur des nattes, quelquefois même sur la terre, enveloppés dans leurs vêtements.
Le premier et seul étage, ou, pour mieux s'expliquer, le haut de leurs habitations, est consacré aux pigeons et aux tourterelles, qui abondent dans le Saïd.
Dans les villes il y a quelques maisons bien bâties; les riches ont des harems, et se procurent les autres agréments de la vie: les marchés sont remplis de boutiques étroites et obscures. En jetant les yeux sur les outils et les travaux des artisans on les trouve imparfaits et grossiers, quoique ceux qui s'en servent ou les exécutent ne manquent pas d'adresse.
Les enfants dont les parents sont aisés apprennent à lire: les négociants cophtes savent les premières opérations de l'arithmétique; et ces connaissances bornées leur donnent toute leur influence.
Il y a des almées qui courent les rues accompagnées de musiciens.
On voit aussi beaucoup de santons, qui inspirent au peuple une grande vénération.
Les cultivateurs, beaucoup plus respectables, et surtout plus utiles que ces mystiques contemplatifs, sèment, labourent, arrosent les plaines sablonneuses avec les eaux du Nil. La végétation y est belle et rapide, et elle a de l'analogie avec la manière d'être des animaux.