Il y revint, de Good-Hope, le 5 juin 1860. Le 14 juin, il en partit, avec le commis-traiteur, pour remonter, à deux jours de barge, jusqu’au Castor-qui-déboule, endroit où l’on transférait justement le fort Norman.
Au Castor-qui-déboule, abordèrent Mgr Grandin, en 1861 et 1862, et le Père Gascon, en 1862 et 1863.
L’inondation balaya alors la colonie; et le fort Norman fut transporté au Grand Lac de l’Ours, fort Franklin, en 1864.
En 1872, il fut ramené, pour y demeurer, cette fois, sur le promontoire, où il était tout d’abord, et qui domine le confluent de la rivière de l’Ours et du Mackenzie.
Ce fort Norman, inconnu dans son isolement jusqu’à nos jours, vient de passer soudain à la renommée. Un missionnaire en écrit le 17 février 1921:
Au fort Norman et dans toute la région voisine, il semble que le pays va changer, et vite, épouvantablement vite! Tout s’annonce comme un nouveau Klondike. Cette fois, ce n’est pas de l’or, mais du pétrole et aussi différents minerais que l’on découvre et qui abondent en ces pays écartés. Même en plein hiver, une foule de gens ont fait jusqu’à 2.000 kilomètres pour venir retenir des terres. Pauvres gens inexpérimentés, qui, dans l’espérance de gagner un peu d’argent, s’exposent à de cruelles déceptions!
Le 28 mars 1876, poussant son traîneau dans les bordillons du Mackenzie, le Père Ducot, le grand missionnaire du fort Norman, l’apôtre qui entreprenait de donner quarante ans de sa vie aux Peaux-de-Lièvres, arriva de Good-Hope à Sainte-Thérèse, avec deux cognées, trois scies et huit clous, pour y bâtir sa maison et la maison de Dieu.
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Le Père Georges Ducot (1848-1916)
Le Père Ducot quitta, afin d’épouser sans partage la pauvreté du Christ, une famille de nobles joailliers de Bordeaux, où les richesses de la terre s’alliaient aux richesses de la charité.