Une nuit, un jour: telle est donc l’année des Peaux-de-Lièvres, des Loucheux et des Esquimaux[58].

Les grands convertisseurs des Peaux-de-Lièvres de Good-Hope furent les Pères Grollier et Séguin.

Le Père Grollier prépara l’œuvre de Dieu; le Père Séguin l’accomplit.

Le Père Pierre-Henri Grollier (1826-1864)

Le Père Grollier fut l’apôtre de feu, le François-Xavier des glaces.

Il naquit à Montpellier, le 30 mars 1826.

Rien dans le «bel enfant délicat»—ainsi le trouvait sa mère, comme la mère de Moïse trouvait son nouveau-né: videns eum elegantem—rien n’eût fait prévoir son rude avenir de libérateur des Peaux-Rouges arctiques. Il arriva au noviciat de Notre-Dame de l’Osier, sous les airs d’un «jeune citadin élégant et candide», à qui ses confrères prédisaient gracieusement, pour le reste de sa vie, le soleil du Midi et les olives de Marseille.

S’ils avaient pu entendre les prières du tendre novice, et lire ses lettres à son supérieur général! Sa devise était: Da mihi animas! Donnez-moi des âmes! Missionnaire des pauvres, il réclamait les âmes les plus pauvres, parmi les pauvres.

Mgr de Mazenod l’ordonna prêtre, le 29 juin 1851, et l’offrit à Mgr Taché, comme le «présent de son cœur.»