—C’est ta plume qui me rend malade, répondit-il. N’as-tu donc pas dans le grenier quelques morceaux de bois? Si j’avais mes bois de l’Amérique et mes neiges!

Il célébra la messe, toujours la même par privilège, jusqu’au 3 novembre. Une longue préparation était chaque fois donnée, comme à Good-Hope, à l’auguste sacrifice. Parfois la garde-malade le trouvait levé, à trois heures: il se préparait à la sainte-messe qu’il devait dire à six heures.

—Mais, frère, je t’en prie, couche-toi donc!

—Allons, tu n’y entends rien, toi. Tu ne sais pas toutes les grâces que le bon Dieu veut m’accorder, surtout au saint sacrifice!

Un matin qu’il avait prolongé beaucoup au delà d’une heure son action de grâces, comme la sœur allait l’avertir que son déjeuner l’attendait:

—Oh! laisse-moi donc encore! C’est si bon d’être avec son Ami!

Lorsque, le matin du 11 décembre, les glas tombèrent sur Ennezat, de toutes les lèvres en même temps s’échappa l’exclamation:

—Le saint est mort! Le saint est mort!

En revenant du cimetière, le samedi, veille de la solennité de l’Immaculée Conception, comme le carillon des premières vêpres chantait, les bons fidèles se disaient:

—C’est l’entrée du saint au ciel. La Sainte Vierge vient le chercher.