«M. Laird, le président, se lève; il a compris la portée de l’interpellation, et il déclare solennellement que l’intention du gouvernement était de respecter la liberté de conscience.

—Je vois ici, dit-il, des missionnaires représentant des églises différentes. Eh bien, je suis autorisé à vous dire que le gouvernement vous donnera des maîtres d’école de la religion à laquelle vous appartenez.

«Alors vous eussiez vu le brave conseiller qui avait posé la question, battre des mains, dans un élan de joie et d’enthousiasme, et, se tournant vers le Père Falher, étendre vers lui le bras et l’index, d’un mouvement rapide et énergique:

—Père, dit-il, c’est toi que nous choisissons pour notre maître!

«Et les sauvages de l’imiter, de battre des mains, de pointer leur doigt comme une flèche vers le père et de répéter:

—Oui, oui, c’est toi que nous choisissons pour notre maître.

«A cette manifestation naïve et spontanée de leur attachement à la foi catholique, le Père Falher tremble de surprise et d’émotion. Le cœur me bat de joie et d’orgueil, légitime je crois. Les révérends sont couverts de confusion, car, à la face des représentants du gouvernement, devant la foule assemblée, réunion la plus importante qui se soit jamais tenue dans le pays, la voix du peuple a déclaré que le prêtre catholique est son guide et son pasteur... Le soir de ce jour mémorable, le révérend de l’endroit se rendit au camp des sauvages et essaya de les faire revenir sur ce qu’ils avaient dit relativement à la question des écoles et en faveur du prêtre catholique; mais il en fut quitte pour sa peine, et essuya là un nouvel affront.»

Au sujet du même traité, Mgr Grouard rapporte aussi cette anecdote: