Alors, dit Mgr Charlebois, faisant allusion à certaine mission de son vicariat, alors la confession de la plupart devient celle-ci:

—Mon Père, je n’ai pas de péché à te dire. Depuis que je prie, je ne crois pas avoir offensé Dieu une seule fois.

On a beau leur faire des questions, c’est inutile; on ne trouve aucun péché:

—Oh! oui, mon Père, quand je ne priais pas, j’ai fait bien des fautes; mais alors seulement, pas depuis ce temps-là.

Et quelquefois il y a de dix à quinze ans qu’ils se sont convertis!

La chrétienté Crise qui semble répondre aussi parfaitement qu’il se puisse aux vœux du missionnaire se trouve au lac Canot, au sud du Portage la Loche. Une communauté religieuse, assure-t-on, n’y marcherait pas avec plus d’entrain à la prière, à la sainte messe, à la communion quotidienne, à tous les appels de la cloche et de la voix du prêtre. Là, fleurissent la charité et la pureté, sous la garde du Père, roi-pontife que l’on vénère, chérit, et sert toujours.

Il n’est missionnaire, même des Montagnais, qui n’apportât ici son témoignage des hautes vues surnaturelles, qu’il put admirer dans l’âme des Cris rencontrés sur sa route apostolique. Mgr Breynat, venant de son vicariat du Mackenzie à Edmonton, passait avec son traîneau en face d’un campement Cris, en aval du fort Mac-Murray, lorsqu’on courut l’arrêter et le prier de venir assister la fille du chef Chrysostôme, qui se mourait. Il la trouva souriante dans ses dernières souffrances. Voulant éprouver cette sérénité qui le touchait: