C’est à déraciner de ces âmes le règne de Satan que les Oblats de Marie Immaculée travaillent depuis plus d’un demi-siècle.

Les Oblats ont pris contact avec les Esquimaux sur quatre étendues des terres arctiques américaines: 1º à l’embouchure du fleuve Mackenzie; 2º sur la côte nord de l’Alaska; 3º du lac Caribou à Chesterfield Inlet; 4º du nord du Grand Lac de l’Ours au golfe du couronnement[73].

C’est en 1860 que les tribus de l’embouchure du Mackenzie et des îles qui s’échelonnent depuis le fort Mac-Pherson jusqu’à l’île Herschel, reçurent la première visite du premier missionnaire, le Père Grollier. Il s’y rendit du fort Good-Hope, sa résidence, à deux reprises, pour essayer de les convertir. Ce fut en vain.

Ses successeurs, les Pères Séguin et Petitot, échouèrent pareillement devant l’entêtement des Esquimaux[74].



Plus tard, lorsqu’une mission fut fondée au fort Mac-Pherson, le Père Lefebvre, assistant du Père Giroux, missionnaire des Loucheux, eut la charge spéciale de s’occuper des Esquimaux. Mais, durant les sept ans qu’il travailla pour eux (1890-1897), soit au fort Mac-Pherson, où ils venaient vendre leurs fourrures, soit à l’île Richard, embouchure Est du Mackenzie, où il alla deux fois; soit encore à l’île Herschell, dans l’Océan, où il visita trois fois la tribu des Natavels, aucune conversion sérieuse ne s’accomplit. Les consolations du Père Lefebvre se bornèrent à quelques baptêmes d’enfants ou d’adultes, à l’article de la mort. Que pouvait du reste un prêtre, en de courtes apparitions, contre ce paganisme que n’avait pu commencer à amollir l’influence des coureurs-des-bois, précurseurs, si précieux ailleurs, de la religion catholique? Cependant le protestantisme, déjà puissant au fort Mac-Pherson, prit pied à l’île Herschell, dès que la Compagnie Baleinière du Pacifique, de San-Francisco, commença à y amarrer ses navires, et que les ministres prêchèrent aux Esquimaux une religion plus en harmonie que la nôtre avec leurs mœurs.