A son tour, la tribu du golfe du Couronnement a donné ses prémices à la foi divine. Deux mois après la mort du Père Frapsauce, trois adultes et deux enfants recevaient des mains du Père Falaize la grâce du baptême. Depuis ce Noël 1920, l’œuvre conquérante s’est poursuivie. Le Père Trocellier, jeune recrue de France, se prépare, au fort Good-Hope, à rejoindre le Père Falaize.
Tous deux tiendront là-bas, espèrent-ils, soutenus par la pensée surnaturelle du prix des âmes les plus abandonnées, en attendant que s’achève la formation religieuse et sacerdotale des nobles cœurs, avides de renoncement et de dévouement, qui, depuis quelques années, se sont offerts au vicaire apostolique du Mackenzie, pour la conversion des Esquimaux.
Il nous reste, lecteur bienveillant, à vous demander de mêler l’accent de vos prières à la voix du sang des missionnaires, afin de hâter l’heure de Dieu, l’heure où tous les païens des plages hyperboréennes du Nouveau-Monde entreront dans le divin Bercail.
Recommandez-les au Sacré-Cœur, par Marie Immaculée.
La Très Sainte Vierge veille particulièrement sur les Esquimaux: Elle se doit de les convertir. C’est le 15 août qu’elle les donna au Père Rouvière; c’est en ses fêtes qu’elle les lui ramenait en nombre; c’est à Notre-Dame du Rosaire que Mgr Breynat avait prescrit aux missionnaires de dédier la première église qu’ils élèveraient, au bord de l’océan Glacial. De ce temple de Marie, les martyrs du sang et du devoir ont placé les assises fondamentales... de viventibus saxis: leurs dépouilles mortelles, leurs immolations totales. Et ce fut pendant le mois du Rosaire.
A Marie d’achever son édifice et d’en porter la gloire jusqu’au Ciel... Celsa... ad astra tolleris!
Nous l’avons vu, le dernier mot que les Pères Rouvière et Le Roux envoyèrent à leur évêque, en partant pour leur Calvaire, fut un cri suprême à Marie:
«—Que Marie nous garde et nous dirige!»
Elle les a dirigés vers le lieu de la récompense et du bonheur. Qu’elle dirige désormais vers eux les âmes pour lesquelles ils ont donné leur vie.
C’est au contact sanctifiant de leurs reliques—jointes à celles des Pères Fafard et Marchand, mis à mort par les Cris de la Saskatchewan, le Jeudi-Saint 1885, et à celles du Frère Alexis, tué par l’Iroquois—, que les missionnaires de demain se préparent à remplacer ceux qui tombèrent au champ d’honneur...