Le Père Falaize gagna le lieu indiqué par le sauvage, fouilla la neige tassée par le vent, et découvrit le corps:
«J’acquis la certitude, continue-t-il, qu’il était entier, et bien conservé, lorsque les grandes tempêtes d’octobre (1921) l’avaient déposé, à l’endroit même du rivage qu’il avait quitté, l’année précédente, pour entreprendre la funeste traversée. Il s’est congelé, alors, sur place. Mais des animaux sauvages l’ont attaqué ensuite. C’est, toutefois, une grande consolation pour moi d’avoir trouvé ce qui restait du missionnaire bien aimé. Je l’inhumerai aussi décemment que possible...»
Telles furent les semailles. Tels furent les sacrifices.
Quelle sera la moisson?
La moisson ne manqua jamais de lever, dans l’Eglise de Dieu, sur les champs arrosés par le sang des apôtres.
De ces sacrifices, le Père Turquetil recueillit les premiers fruits à sa mission de Notre-Dame de la Délivrande.