—Comment veux-tu que je mange? Il y a deux jours, quatre jours, que je n’ai plus rien à manger!

[17] Ces deux congrégations de religieuses ont été fondées au Canada: les Sœurs Grises en 1737, les Sœurs de la Providence en 1843.

[18] Le chapitre général est une assemblée tenue périodiquement, dans la Congrégation des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée. Le Supérieur Général, ses quatre Assistants, les Vicaires Apostoliques et les Supérieurs Provinciaux du monde entier, ainsi qu’un Père délégué par chaque vicariat ou province, y viennent, dans des réunions intimes, exposer leurs succès, leurs déceptions, leurs espérances et leurs demandes.

[19] Apôtres inconnus.

[20] Quatre Pères Jésuites étaient venus dans ces pays, au XVIIIe siècle. Mais ils n’avaient guère pu exercer leur ministère au delà des deux forts-de-traite qui leur donnèrent asile. Ces missionnaires, qui se succédèrent, par intervalles, de 1732 à 1751, au fort Saint-Charles (sur le lac des Bois) d’abord, et au fort la Reine (Portage la Prairie) ensuite, furent: le Père Messaiger, le Père Aulneau, qui fut tué par les Sioux à l’Ile aux massacres (lac des Bois), le Père Coquart, le Père de la Morinie.

La cession du Canada à l’Angleterre, la ruine de la Nouvelle-France, la suppression temporaire de la Compagnie de Jésus, arrivant coup sur coup, entraînèrent l’abolition de toutes les missions naissantes. L’Ouest ne revit le prêtre que soixante-sept ans après le départ du dernier Jésuite, avec Mgr Provencher.

[21] Mgr Provencher détacha bientôt (1838) M. Demers des missions de la prairie, pour l’envoyer, avec M. Blanchet, qu’il avait recruté pour cette fin, fonder les missions de la Colombie (tout le territoire situé au nord de la Californie, à l’ouest des montagnes Rocheuses). Annonçant leur départ à l’évêque de Québec, il s’écriait: «Terres de la Colombie, vous allez donc enfin retentir des louanges du saint nom de Jésus. La Croix va s’élever de rive en rive, sur un espace de mille lieues, que vont parcourir ces deux apôtres pour arriver à leur destination; et la parole de Celui qui a dit que ce signe adorable attirerait à lui tous les hommes va se vérifier à l’égard des pauvres tribus errantes vers lesquelles ils sont envoyés!»

Le 10 octobre 1838, ils célébrèrent le saint sacrifice sur le point le plus élevé des montagnes Rocheuses. Ils arrivèrent à Vancouver, le 24 novembre, après un voyage de quatre mois et quatorze jours, depuis Saint-Boniface. Mgr Provencher avait vu en eux deux futurs évêques. M. Blanchet fut, en effet, nommé vicaire apostolique de l’Orégon en 1848; et M. Demers, évêque de Vancouver (Victoria), en 1847.

[22] La conversion de certaines nations, comme les Pieds-Noirs de la prairie, les Kwakwilth de la Colombie anglaise, les Esquimaux de l’océan Glacial, bien qu’entreprise depuis longtemps, n’est encore que peu ou point entamée. Or, ces nations ne furent pas pénétrées par les voyageurs canadiens français.

Ajoutons que les sauvages vinrent à Dieu dans la mesure où ils furent pauvres, travailleurs, et surtout observateurs de la loi naturelle. De tous les Indiens, les Dénés étaient les plus pauvres, les plus résignés à la souffrance, les plus moraux. Ils furent, par suite, les plus aisément préparés par les Canadiens voyageurs, et convertis par les missionnaires.