On raisonnera ainsi sur son refus:

«—Le Père avait ce que je voulais. Je lui ai dit: «Donne-moi cela.» Il m’a répondu: «—Non. Je le garde pour l’hiver, afin de pouvoir vous secourir plus tard.» Donc c’est un ladre, le Père. Ah! il ne nous ressemble pas, nous qui ne gardons jamais rien pour nous!»

Sans vouloir fournir de fausses armes aux niveleurs bolchevistes, ou cégétistes, il nous faut reconnaître enfin que le trait foncier du caractère de notre Indien, c’est le communisme. L’idée de propriété personnelle se serait-elle développée en sa conscience, laissée à elle-même?

A peine a-t-il touché le prix de ses fourrures—une vraie fortune parfois—qu’il convoque tous ses amis, et que la fête bat son plein. En peu de jours tout est dévoré. Un chasseur a-t-il abattu un ours ou un orignal? Aussitôt un feu d’appel s’élève dans la forêt; et la tribu, de toutes parts, accourt au festin. Encore si ces pauvres gens réglaient leurs appétits, ou du moins s’ils pensaient au lendemain, lorsque leur faim est assouvie!



De ce communisme sans réserve, de cette intempérance devant la curée, de l’imprévoyance congénitale de la race, et surtout de l’insuffisance d’un gibier disséminé dans les forets boréales, il résulte que le bien-être et l’apaisement de la faim ne sont que de rares trêves dans la vie de nos Indiens, et que, si parfois il recevait de ses enfants un peu de sa subsistance, le missionnaire du Mackenzie, bon saint Vincent de Paul, le leur rendrait bientôt, ajoutant ce surplus aux aumônes de sa bourse et aux dévouements de sa tendresse.

Cette autre question était posée aux évêques-missionnaires par la Congrégation de la Propagande, en 1880: