«Item dira ledit de Lizac que, après ces choses, le roy a fait savoir aus dits cardinal et habitans que les entreprises dessus dites navaient point été faites par adveu ne de son sceu et consentement, mais en avoit esté et estoit très desplaisant et courroucé. Et que quant aucuns feroient ou porteroyent dommage à notre dit Saint-Père et aux terres et seigneuries de l'Eglise et subgets d'icelle. Et il estoit requis en ayde qu'il si employeroit en toutes manières possibles au bien et honneur de notre dit Saint-Père et à la conservation des droits de ladite Esglise.
«Item dira que nonobstant toutes ces choses on a puis naguères rapporté au roy que aulcuns font avecques mon dit seigneur le dalphin ou avec autres de par luy certains traictiez ou accors de bailler ou faire bailler à mon dit seigneur le dalphin les dits villes d'Avignon et conte de Venissy qui seroit, se ainsi estoit, chose préjudiciable à notre dit Saint-Père le pappe et en son grant préjudice et dommage et diminucion des droits et seignories de lui et de l'Esglise. Et lesquelles choses le roy ne peut bonnement croire que ainsi soit.
«Item dira pour celle cause le roy l'envoye par delà expressément pour les advertir des choses dessus dites et obvier à icelles. Et pour leur dire et remonstrer que se la chose advenoit, ce qu'il ne pourroit bonnement croyre, le roy y prendroit très grant desplaisir et nen pourroit estre content, et seroit contraint de y donner provision à l'onneur de notre dit Saint-Père et du Saint-Siège apostolicque telle qu'il appartiendroit.
«Item et tout ce qu'il trouvera touchant les choses dessus dites et aultres deppandans de la matière, rédigera par escript, et les rapportera au roy pour procéder au surplus ainsi qu'il appartiendra.
«Faict aux Montilz-lez-Tours, le VIIIe jour de mars l'an mil CCCCLI.
«J. de Laloëre.»
Coppia littere responcionis tradite dicto Johanni de Lizacco primo hostiario regio:
«Très hault, très puissant prince et très redoubté seigneur. Nous nous recommandons à vous tant et très humblement que fere povons. Très haut, très puissant prince et très redoubté seigneur, plaise vous savoir que nous avons receues vos gracieuses lettres avec honneur et révérence à nous possible par votre premier huissier Jehan de Lizac et si avons oye sa créance et bien entendue. Contenant en partie comme ainsi que comme l'on vous a rapporté que nous voulions mettre ceste cité d'Avignon hors des mains de l'Esglise et aultrement. Sur quoy, très humblement vous rescripvons que au disposer de ce que notre loyalté ne requierre que jamais n'a esté ne ne sera en notre pensée par ainsi que de ceste matière avons parlé et en parlement avecques le très révérend père en Dieu, Monsieur le cardinal de Foix, vicaire et légat de notre Saint-Père le pappe. Duquel seigneur sommes seurs et certains que jamais n'a esté ne sera son entencion de le faire. Et se l'on vouloit entreprendre de faire le contraire, le dit monseigneur le cardinal et nous y résisterons de notre force et de tout notre povoyr tous les jours en espérance de votre bon ayde et confort ainsi que plus à plain avons dit et remonstré audit de Lizac. Et, au brief, vous certifions plus au long par message exprès. Lequel monseigneur le cardinal pareillement vous en rescript. Très hault, très puissant prince et très redoubté seigneur, de votre bon advisement et très nobles propos sommes toujours et avons esté bien advisez, donc à votre royal magesté tant et si humblement que plus povons et remercions, car Dieu mercy, par votre magesté tant que luy a esté possible de sa bénigne grâce comme vray bras dextre et protecteur de l'Esglise et subgets d'icelle, avons esté de plusieurs dangiers et affaires à ceste cité contraires gardez et préservez. Et aussi avons esté toujours et encore sommes en bonne espérance que toujours votre magesté ne daignera penser ou faire souffrir estre fait le contraire, mais comme avez de bonne coustume votre magesté nous aura toujours en sa grâce et espéciale recommandacion. Pour ce, très hault, très puissant prince et très redoubté seigneur, très humblement vous supplions qu'il vous plaise de nous mander et enjoindre tous vos très nobles plaisirs et services pour les acomplir de très bon cuer sans faillir, avec povoir du plaisir de Dieu qui vous doine bonne vie et longue et acomplissement de vos très nobles plaisirs.
«Escript en Avignon le premier jour d'avril.»