Tres chers et grans amis, nostre très cher et très amé cousin le duc de Bourbon et d'Auvergne, nostre lieutenant et gouverneur en nostre pais de Languedoc, nous a dit et remonstré que à vostre pourchaz, instigacion et requeste le Recteur d'Avignon a puis naguères prins à force et port d'armes les places d'Albignan et Auriol que paravant tenoit nostre bien amé le sieur de Vergères, escuier d'escuerie de nostre dit frère et cousin. Et pour ce que désirons les besongnes et affères du dit sieur de Vergeres estre favorablement traictées tant en faveur de ce qu'il est nostre serviteur et subgect du bon droit que entendons quil a ès dites places que en contemplacion de nostre frère et cousin qui sur ce nous a requiz, nous vous prions tres acertes et sur touz les plaisirs que fére nous désirez que vous tenez la main envers le dit Recteur auquel escripvons présentement de ceste matière en manière quil soyt content de bailler et delivrer au dit escuyer la joyssance des dictes places au moins jusques à ce que par justice ses droitz et tiltres sur tout veuz et visitez aultrement en soit ordonné. Et tellement faictes que le dit escuier cognoisse par effect noz prières luy avoir prouffité envers vous. Et en ce faisant vous nouz ferez tres singulier et agréable plaisir lequel recognoistrons envers vous en pareil cas ou greigneur quant d'aucunes choses nous requerrez.

Donné à Chartres, le XXe jour de juing.

Loys.
Toustain.

(Arch. municip., Origin., Boîte des Catalans.)

No XVI

Lettre de Louis XI aux Consuls d'Avignon.

26 août 1464.

Loys par la grace de Dieu, roy de France. Tres chiers et grans amis, nous avons sceu la maladie de nostre chier et féal cousin le Cardinal de Foix dont avons esté et sommes tres desplaisans; et pour ce qu'il est à doubter que de la dicte maladie il voise de vie à trespas, nous vous advertissons que se avez d'aucune chose afaire, en quoy nous puissions pour vous employer, nous le ferons de très bon cueur, ainsi que plus amplement nous avons chargié vous dire à nostre amé et féal conseiller et maistre de nostre hostel Mombardon, porteur de ces présentes. Si le vueillez croire de ce qu'il vous dira sur ce de nostre part.

Donné à Nouyon le XXVIe jour d'aoust.

Loys.