Lettre de Louis XI au bâtard de Comminges.
A notre amé et féal cousin le maistre des ports (..........) Bastard de Comminges.
Notre aimé et feal, nous avons sceu, par noz chiers et biens aimes aliez, les Consuls et habitans de la cité d'Avignon que ung nommé Bernard de Guerlandz avecques XV hommes de guerre tant à pied que à cheval soy disant estre en notre service et sous umbre de nous comme se à iceluy en eussions donné congié ou exprès mandement, que desavouons expressement par ces présentes, de fait, par force et violence cest mis avecques les dits gens dedans le Conté de Venycy, prins places, tuez gens, violez femmes et filles pucelles, bruler maisons, desrober marchans et faitz autres infinitz maulx, dont sommes fort mal contens de luy et de ses dits complices. Et pour ce que n'entendons aucunement la dite cité ne les habitans d'icelle et dud. Conté, comme noz confédérés, aliez et devotz de notre couronne, soient vexés ne opprimés en quelque maniere que ce soit, meismement comme de terre de Saincte mère Esglise a cuy nostre desir ne sache que servir, obéyr et complaire, et que aussi en justice tous excès, violences, forces et autres maulx et roberies ne se doibvent souffrir, vous mandons que veues ces présentes sur tant que désirés nous complaire, que incontinent et sans délay faictes vuyder le dit Bernard avecques ses dits complices hors la dicte conté. A quoy vous donnons plain povoir et mandement espécial par ces présentes, en réintégrant ou faisant réintégrer ung chacung à votre povoir, selon debvoir et justice et ce par toutes voyes deues et raisonnables, et se ilz ne vous obéyssent incontinent se y procédez par main armée jusques ad ce que la dicte Conté du tout en soit à pleine delivrance, et tellement qu'ilz n'ayent plus cause den revenir plaintifs à nous. Mandons et commandons a tous noz justiciers et officiers que en ce faisant vous obéyssent et entendent. Et faictes, cessantz toutes exqusations, quil n'y ait point de faulte, et que plus n'en oyons parler.—Donné au Plesseys du parc les Tours, le 7e jour de février.
Loys. Courtin.
(Arch. municip., Origin., série A.A.)
No XX
Lettre de Baptyste de Béségat aux Consuls d'Avignon.
9 février 1479.
A Messieurs les Consuls d'Avignon.
Messieurs les Conseuls, de tout mon cuer à vous me recommande. Par Guillaume présent porteur ay receu voz lettres, lequel ariva jeudi au soir icy et pourceque le Roy estoit parti des Forges pour venir au Plesseis du parc, la où il arriva vendredi au soir bien tart, ne fut possible présenter vos lettres jusques à samedi à sa messe. Et receu quil eut vos lettres m'apella et me demanda quelx gens sont ce qui sont entres en la Conté de Venise. Je luy respondi: Sire ce sont les Angloys qui ont passé par votre royaume qui disoient aller au service des Florentins.—Lors me respondit que c'estoient des trez (traits) de son compère Lyonnet de Medicy et qu'il avoit fait faire tout cecy sans son sceu, dont il monstra n'estre pas contant et me dist quil vouldroit garder ceulx d'Avignon et du conté de Venisse comme ses propres subgets et mieulx, se mieulx povoit. Et en effect dist quil vouloit que tous ses officiers tant du Royaume que de Dalphiné vous donnassent tout l'ayde et faveur que leur vouldriez demander pour leur faire réparer les domaiges faitz, et faire vuyder hors de la terre de l'Eglise, car il n'entendit oncques quils y entrassent ne feissent nul dommaige et qu'il ne les vouloit soustenir en façon quelconque et sur ce me dist quil avoit commandé à Monsieur Dubochaige et à Monsieur le conte de Castres que toutes telles lettres que vous seroient nécessaires vous fussent faictes et commanda au secrétaire ainsi le faire. Et sur ce a esté poursuivy et fait la response telle que vous verrez et comme il escrit au Séneschal de Beaucaire et maistre des ports, lequel il fait commissaire pour faire saillir le cappitaine hors de la terre de l'Eglise et en faire telle raison comme en cas appartiendra, comme verrez par les lettres qu'il luy escript.