Sire, je ne veux pas oublier de vous dire ceci : Le seul désir de ma femme serait que, pour célébrer votre munificence, tous ses membres fissent entendre un tintement de clochettes. Mais hélas, elle ne le peut, par manque d’ornements.

Je vous comprends Docteur ; Vizir, allez immédiatement commander chez le bijoutier de la cour les plus beaux ornements pour la femme de Struti-Bhushan.

Puis Sire, pendant qu’il s’occupe de nous, pourriez-vous dire au Vizir que nous sommes tous deux bien gênés dans nos dévotions par des réparations que l’on fait à notre demeure. Qu’il demande aux maçons royaux de nous bâtir une bonne maison dans laquelle nous puissions dire nos prières en paix.

Très bien Docteur — Vizir !

Majesté.

Donne cet ordre de suite.

LE VIZIR. — Sire, le trésor est vide ; les fonds manquent.

Bah ! C’est une vieille histoire ; tous les ans vous me répétez la même chose ; c’est à vous d’accroître les ressources, et à moi d’augmenter les dépenses. Qu’en dis-tu Struti-Bhushan ?

LE DOCTEUR. — Roi, je ne puis donner tort au Vizir : il s’occupe de vos trésors ici-bas ; nous nous occupons de vos trésors dans le monde futur ; aussi là où il voit un manque, nous voyons une richesse. Si vous voulez une fois encore vous plonger dans l’Océan de Renonciation, vous y trouverez ceci :

Les coffres du Roi seront toujours remplis, là où la richesse sur le seul mérite sera répandue.