Quand je dis que je vous quitte pour toujours, acceptez-le comme vrai et laissez un brouillard de larmes rembrunir un moment la frange sombre de vos yeux.
Puis, quand je reviendrai, vous sourirez aussi malicieusement que vous voudrez.
XLI
Il me tarde de vous dire les mots les plus profonds. Je n’ose pas; je crains votre rire.
C’est pourquoi je me moque de moi-même et fais éclater mon secret en plaisanteries.
Je fais fi de ma peine, de peur que vous n’en fassiez fi vous-même.
Il me tarde de vous dire les mots les plus sincères; je n’ose pas; j’ai peur que vous ne les croyiez pas.
Voilà pourquoi je les déguise en mensonges, disant le contraire de ce que je pense.
Je fais paraître absurde ma douleur, de peur que vous ne la traitiez d’absurde vous-même.
Il me tarde d’employer pour vous les mots les plus précieux; mais je n’ose pas craignant de n’être pas payé de retour.