Le soir est venu. Comme les bras suppliants d’une amoureuse, la fatigue m’étreint.
M’appelles-tu?
Je t’ai donné toute ma journée; veux-tu me voler aussi mes nuits, maîtresse cruelle?
Pourtant il y a une fin à tout et la solitude de la nuit est à chacun.
Pourquoi ta voix la déchire-t-elle et vient-elle embraser mon cœur?
Le soir n’a-t-il, à ton seuil, nulle musique berceuse?
Les Etoiles aux ailes silencieuses ne montent-elles jamais au dessus de ta hautaine tour?
Les fleurs de ton jardin ne tombent-elles jamais dans la poussière en douce agonie?
Pourquoi m’appelles-tu, ô chère tourmentée?
Laisse donc les doux yeux de l’amour veiller et pleurer en vain.