Malgré la peur qui court dans les ténèbres; malgré le ciel voilé;
Oiseau, ô mon oiseau écoute-moi; ne ferme pas tes ailes.
L’obscurité qui t’environne n’est pas celle des feuilles de la forêt; c’est la mer qui se gonfle comme un immense serpent noir.
Les fleurs du jasmin ne dansent pas devant toi; c’est l’écume des vagues qui étincelle.
Ah! où est la rive verte et ensoleillée? où est ton nid?
Oiseau, ô mon oiseau écoute-moi; ne ferme pas tes ailes.
La nuit solitaire s’étend sur le sentier; l’aurore sommeille derrière les collines pleines d’ombre; les étoiles muettes comptent les heures; la lune pâlie baigne dans la nuit profonde.
Oiseau, ô mon oiseau écoute-moi, ne ferme pas tes ailes.
Pour toi il n’y a ni espoir ni crainte; il n’y a pas de paroles, pas de murmures, pas de cris.
Il n’y a ni abri, ni lit de repos...