D’un regard de vos yeux, belle femme, vous pourriez piller le trésor des chants jaillis de la harpe des poëtes.

Mais vous n’avez pas d’oreille pour leurs louanges; c’est pourquoi je viens vous louer.

Vous pourriez tenir humiliées à vos pieds les têtes les plus fières du monde.

Mais, parmi vos adorateurs, les ignorés de la gloire sont vos préférés; c’est pourquoi je vous adore.

La perfection de vos bras ajouterait à la splendeur royale, si vous y touchiez.

Mais vous les employez à épousseter et à tenir propre votre humble demeure; c’est pourquoi je suis rempli de respect pour vous.

LXXXI

Mort, ô ma Mort, pourquoi chuchotes-tu si bas à mes oreilles?

Quand, vers le soir, les fleurs se flétrissent et que le bétail revient à l’étable, sournoisement tu viens, à mes côtés, prononcer des paroles que je ne comprends pas.

Espères-tu ainsi, me courtiser et me conquérir? m’endormir, dans un murmure, sous l’opium de tes froids baisers? Mort, ô ma Mort!