N’y aura-t-il pas, pour nos noces, quelque somptueuse cérémonie? N’attacheras-tu pas d’une guirlande de fleurs les torsades de tes boucles fauves?

N’y a-t-il personne pour porter devant toi ta bannière et la nuit ne sera-t-elle pas enflammée de tes torches rouges, Mort, ô ma Mort?

Viens au claquement de tes cymbales de coquillages, viens dans une nuit sans sommeil.

Revêts-moi du manteau écarlate; étreins ma main et prends-moi.

Que ton char soit tout prêt à ma porte et que tes chevaux hennissent d’impatience.

Lève le voile et, fièrement, regarde-moi en plein visage, Mort, ô ma Mort!

LXXXII

Ce soir, ma jeune épouse et moi, nous allons jouer le jeu de la mort.

La nuit est noire, les nuages, dans le ciel, sont fantasques et les vagues de la mer sont en délire.

Nous avons quitté notre couche de songes; nous avons ouvert la porte toute grande et nous sommes sortis, ma jeune épouse et moi.