Après le panier, c’était mon tour.
Je demeurais assis sur le pont du Saint-Christophe, regardant stupidement la mer qui me hurlait des choses canailles. Le grand air ne me dégrisait pas. Je me croyais toujours le seigneur d’une maison bâtie en forme de tire-bouchon, et qui allait perforer le ciel à la seule fin d’en faire ruisseler des averses d’eau-de-vie anglaise. Et je devais grimper le long, je criais :
— Hisse, hisse en haut !
J’escaladais les nuages et puis, patatras, je cognais au plafond du bon Dieu.
C’était mon tour.
Le patron du bateau, l’officier aux yeux brillants, me donna une bourrade :
— Dis donc, toi, mon garçon, avec les mains ou sur la balançoire ?…
Je répondis, la crête dressée :
— Avec les mains, bien sûr.
Est-ce qu’un gardien de phare fait son métier assis ? Pour qui me prenait-il, celui-là ?