Je constatai qu’en effet la cinquième meurtrière était entamée. Le coin de son cadre de pierre ne tenait plus. En y appuyant le genou, je fis tomber un moellon et tout un paquet de gravois. La grille de la croisée n’avait pas trop souffert, mais derrière les barreaux sa loupe de verre s’étoilait de plusieurs fentes. Ma reconnaissance terminée, je n’avais plus qu’à remonter, tirer sur le palan et écrire mon rapport.

J’ignore quel démon me tenta.

Je descendis à la quatrième croisée du phare. Celle-là se trouvait presque au milieu de l’édifice. C’était… l’endroit mystérieux.

Pendant que je descendais, tâtonnant, mettant les doigts dans tous les trous suspects, la mer semblait monter, plus bleue, plus verte, plus changeante et attirante que jamais. Elle se roulait sous moi, l’air innocent, me lançant des regards de pucelle. Au dernier crampon qui dominait la quatrième meurtrière, je me penchai, tendant les bras pour atteindre le suivant. Ma corde fut trop courte.

J’aurais dû m’arrêter, la curiosité, une curiosité malsaine, me donnait des nerfs. Je voulais m’instruire, parce que, ce jour-là, exceptionnellement, j’avais le droit de m’instruire. Je faisais mon service, et, si j’y mettais un zèle, ça ne pourrait pas m’être reproché.

Le vieux ronflait dans la salle basse.

Il ne se douterait de rien.

D’ailleurs, mon amour-propre ne me permettait plus de reculer.

Bravement, je détachai ma ceinture de corde, je l’enroulai autour de mon poignet pour me conserver un point d’appui en cas de vertige, et je me courbai vers la fenêtre, mon front juste à la hauteur de la vitre.

Alors, je lâchai la corde et je poussai un cri.