Je pensais au camarade mort d’accident, péri d’ennui, peut-être, par une soirée pareille, au bout de cinq ou six ans… d’exercice. En arrangeant la grue d’arrimage ou en raccommodant l’armature, une nuit de grosse tempête, sans doute qu’il était chu de là-haut, et avait rebondi sur l’esplanade le front fracassé… à moins…

— Dites donc, l’ancien, que je murmurai du ton d’un qui fait la bête, c’est-y intéressant le livre que vous lisez ?

Le vieux leva les yeux.

— C’est un beau livre, qu’il me répondit, mais on a de la peine à s’y retrouver une fois qu’on a perdu le fil.

— Vous avez perdu le fil de… j’allais dire l’Alphabet, je me mordis la langue, de votre histoire ?

— Oui, le Maleux, je l’ai perdu… par un soir de gros temps.

Il soupira et ajouta :

— C’était un brave gars, tout de même !

Je fus abasourdi parce que nous nous rencontrions juste sur la pensée du mort, mon prédécesseur.

— Hein ? Vous saviez donc lire… autre chose, à l’époque où il vivait, ce gars ?