— Tiens, c’est vous ? Vous ? dit Fulbert stupéfait d’apercevoir cette élégante silhouette de femme sur le seuil de sa cabane.

— Oui, vous ne m’attendiez plus ?

Elle entra comme une qui se précipite du haut d’une falaise dans la mer.

— Non ! je ne vous attendais pas. Et pourquoi diable vous aurais-je attendue, Mademoiselle ?

Elle examinait, à la lueur d’une chandelle bouchant un litre de vin, le nid de son désir. La maisonnette était industrieusement arrangée, des plaques de tôle formaient la toiture, un petit âtre rougeoyait sous des légumes qui cuisaient exhalant une odeur fade. Un lit de sangle, unique mobilier, se recouvrait d’une couverture de cheval brune à raies grises, donnant l’illusion du drap bien tiré dessous. C’était ordonné, relativement propre, mais d’une désolation infinie.

Lui, plus noir et plus déchiré encore que lors de sa dernière visite au pavillon hollandais, l’examinait de son côté, maussade comme un hibou surpris par la lumière. Elle lui dit d’un ton de petite fille :

— Je suis venue, en passant, pour vous apporter du fil et des aiguilles, vous savez, ce que vous m’avez demandé le jour du ministre ?

Il éclata d’un rire terrible.

— Du fil et des aiguilles ! Pourquoi pas l’une de vos chemises, impertinent trottin ? Tenez, asseyez-vous là, sur mon lit, un endroit presque propre, et ôtez votre voilette que je voie vos prunelles de saphir. C’est ainsi, n’est-ce pas, que s’exprime le Journal des Demoiselles ? Et, de grâce, ne vous gênez pas pour mentir à votre aise. Décidément, vous mentez toujours.

Très inquiète de cette réception, elle balbutia :