Le docteur s’étonna. Puis il dit :

— C’est donc vous, Clara, c’est bien vous ?

Elle tint sa figure calme au front pur tout à fait immobile, comme pour lui donner le temps de la reconnaître. Cela dura longtemps. Enfin le docteur sembla avoir trouvé quelque chose qui lui prouvait que son ancienne compagne de jeux était vraiment devant lui. Il chercha encore une fois sa main et la serra ; puis il l’abandonna lentement et regarda autour de lui dans la chambre. Elle ne semblait rien contenir de superflu. A la fenêtre, une table, garnie de livres et de manuscrits, à laquelle Clara avait dû travailler. La chaise était encore déplacée.

— Vous avez écrit ? et le docteur sentit combien absurde était cette question.

Mais Clara répondit, sans gêne aucune :

— Oui, je traduis.

— Pour l’impression ?

— Oui, dit Clara, simplement, pour un éditeur.

Georg aperçut au mur quelques reproductions d’œuvres italiennes. L’une d’elles était le Concert de Giorgione.

— Vous aimez ceci ?