Appointement.—Au singulier, est un terme de jurisprudence. C’est un anglicisme de l’employer dans le sens de nomination, de rendez-vous, etc. (V. [Salaire]); et de dire: c’est un bon appointement (pour une nomination heureuse); j’ai un appointement avec lui pour telle heure pour: je dois le rencontrer à telle heure, j’ai un rendez-vous avec lui à telle heure.

Appointer quelqu’un.—A un poste, à une situation, est un anglicisme. Il faut dire nommer. Il a été nommé caissier, et non: appointé caissier. Appointer un commis, un intendant, signifie, en français, donner des appointements à ce commis, à cet intendant; et non: le nommer à une position.

Approbation (En).—N’est pas français dans le sens qu’on lui donne ici. Au lieu de: Donner un ouvrage en approbation (avant de le faire imprimer), dites: le soumettre à l’approbation de quelqu’un, à la critique de quelqu’un. Ne dites pas qu’un marchand envoie des marchandises en approbation, mais qu’il les envoie pour que l’acheteur fasse son choix; qu’il les envoie à l’essai, au choix.

Approcher quelqu’un.—Signifie: avoir un accès libre, facile, auprès de lui. C’est un anglicisme de donner à cette locution le sens de: faire des propositions à quelqu’un; chercher à l’entraîner, en lui proposant quelque avantage, à se faire aider dans une chose secrète et peu honorable.

Appropriation.—Signifie: action de s’approprier; de rendre propre à un usage un objet quelconque.—Approprier signifie: rendre propre à une destination, etc. C’est donc une faute de donner à appropriation le sens de crédit, somme votée par la législature ou par des corporations pour certaines fins. Ne dites pas: Une somme appropriée, mais: affectée, destinée à telle fin.

Approprié.—On dit en français: Expression appropriée à la pensée de l’auteur, c’est-à-dire adaptée à la pensée. C’est un anglicisme d’employer ce mot absolument et de lui donner le sens de conforme, propre, juste. Ne dites pas: Ses remarques étaient appropriées, mais ses remarques étaient justes. Au lieu de: C’est le mot approprié, dites: C’est le mot propre.

Approprier.—V. [Appropriation].

Approvisionné.—Veut dire muni de provisions. Au lieu de: approvisionné d’argent, dites: muni, pourvu d’argent.

Appuyer (s’).—Si l’on s’appuie sur le côté, c’est s’accoter; sur le coude, c’est s’accouder; sur le dos, c’est s’adosser. On emploie souvent, par erreur, s’accoter, pour s’adosser, s’accouder.

Après.—Ne doit jamais être employé pour exprimer un rapport de position ou de jonction; on doit dire: la clef est sur la porte, et non: est après la porte. J’écris, et non je suis après écrire; attacher un cheval à un poteau, et non: après un poteau; il a une tache à son habit, et non: après son habit.