Aïeuls, Aïeux.—Ne pas confondre ces deux termes. Les aïeuls sont les grands-pères et les grand’mères; les aïeux sont les ascendants plus éloignés, les ancêtres. Ses aïeuls maternels sont morts; c’est-à-dire, son grand-père et sa grand’mère maternels. Ses aïeux viennent de France; c’est-à-dire, ses ancêtres. On doit écrire bisaïeuls, trisaïeuls au pluriel.
Air.—Prendre l’air signifie se promener, et aussi prendre la fuite. Allons prendre l’air. Ce prisonnier a pris l’air. Pour s’enfuir, on dit aussi: prendre de L’ERRE.
Air, aire, erre, sont des mots qui n’ont ni la même étymologie, ni le même sens. Cependant, en termes de marine, on dit aire ou erre d’un navire, pour signifier l’allure, la vitesse du navire: Il a ralenti son aire, ou son erre; c’est-à-dire, il a diminué sa vitesse. Il ne faut pas dire: Il a ralenti son air. Les grammairiens ne sont pas tous d’accord sur ce point; mais ils citent presque tous des exemples qui admettent pour aire et erre un sens identique par rapport à l’allure. Ce n’est donc pas une faute de se servir de ces deux expressions indifféremment.
Avoir l’air. Voici la règle: Quand l’adjectif placé après avoir l’air est de nature à pouvoir qualifier indistinctement soit le substantif air, soit le substantif précédent, on le fait accorder avec l’un ou l’autre à volonté, selon ce qu’on veut dire. Cette personne a l’air sérieux, c’est-à-dire: son visage est sérieux au moment où on la voit; mais cette personne a l’air sérieuse, signifie qu’elle paraît habituellement être sérieuse. On dira de même: Cette femme a l’air affligé, du moins en apparence; elle a l’air affligée, signifiera qu’elle semble réellement affligée.
Quand l’adjectif ne peut qualifier qu’un des deux substantifs, l’accord a lieu exclusivement avec celui-ci: cette femme a l’air haletante; c’est la femme qui est haletante, et non pas l’air. Elle a l’air rêveur, méprisant, parce que la rêverie, le mépris, ne peuvent pas constituer un état permanent, quelque chose d’inhérent à la personne, à son caractère: ces adjectifs rêveur, méprisant ne peuvent donc s’appliquer qu’au mot air.
Lorsque le premier substantif est un nom de chose, l’accord se fait toujours avec ce nom: Cette pêche a l’air mûre, c’est-à-dire: a l’air d’être mûre.
Alcôve.—Est du féminin. Bescherelle dit: “Dorat l’a employé au masculin, comme le font à tort beaucoup d’architectes.”
Aller.—Il ne faut pas employer indifféremment être et avoir avec aller. Il est allé à Rome, signifie qu’il y est encore. Il a été à Rome, signifie qu’il en est revenu.
On dit indifféremment: Aller se battre ou s’aller battre. Il faut dire: Nous nous en sommes allés, il s’en est allé, et non nous nous sommes en allés, il s’est en allé.
On écrit: va-t’en, et non: va-t-en, parce qu’il y a entre te et en élision et non liaison. Ce t n’est pas euphonique, mais il représente le pronom du verbe pronominal s’en aller.