Après les verbes craindre, appréhender, trembler, et les expressions avoir peur, il est dangereux, on met ne devant le verbe suivant, quand la proposition primordiale est affirmative. Les pères ont peur que l’amour naturel des enfants ne s’efface. Mais si la proposition primordiale est négative, on supprime ne devant le verbe suivant. Je n’ai pas peur qu’il arrive. Ne crains pas toutefois que j’éclate en injures.
Si les verbes douter, nier, etc., sont employés affirmativement, on ne met jamais ne devant le second verbe. Je doute qu’il vous aime. Il me paraît absurde de nier qu’il y ait une intelligence dans le monde.
Après les verbes empêcher, éviter, prendre garde, garder (dans le sens de: prendre des mesures, des précautions), on met ne devant le second verbe, que la première proposition soit affirmative, négative ou interrogative. Evitez qu’il ne vous parle (Acad.). La pluie presque continuelle empêche qu’on ne se promène dans les cours.
Les locutions conjonctives à moins que, de peur que, de crainte que, dans la crainte que veulent toujours après elles la négation ne. Combien de fois a-t-on vu des hommes publics faire échouer des entreprises glorieuses à l’Etat, de peur que la gloire n’en rejaillit sur leurs rivaux!
Après les expressions autre, autrement, tout autre, tout autrement, plutôt que, plus tôt que, on doit employer la négation ne. On se voit d’un autre œil qu’on ne voit son prochain. Si cependant la première proposition était négative, il ne faudrait pas faire usage de ne après autre, autrement, etc. N’agissez pas autrement que vous parlez.
Négligeant, Négligent.—Il ne faut pas confondre ces deux mots. Négligeant est le participe présent de négliger. Une personne négligeant le soin de ses affaires.—Négligent est l’adjectif: Ecoliers négligents. Est aussi substantif. Une négligente.
Ni.—Si deux sujets particuliers sont unis par ni, le verbe s’accorde avec le dernier lorsqu’il y a nécessairement exclusion de l’un d’eux: Ni M. le duc, ni M. le cardinal ne sera nommé ambassadeur à Naples. (Il n’y a ici qu’un ambassadeur à nommer, un seul des deux candidats pouvant être nommé). Mais si la manière d’être peut s’affirmer des deux sans qu’il y ait exclusion nécessaire de l’un, on met le verbe au pluriel. Ni lui ni son conseil n’y peuvent rien comprendre. Si les sujets sont de différentes personnes, le verbe se met au pluriel et à la personne qui l’emporte sur les autres: Ni vous ni moi ne sommes coupables.
Les parties d’un complément unies par ni doivent être des mots de même espèce ou des locutions de même nature. On ne dira donc pas: Je n’apprendrai ni à dessiner, ni la musique. Il faudra dire: Je n’apprendrai ni le dessin, ni la musique.
Ni ne doit pas précéder sans. Il faut dire: Sans crainte ni pudeur, ou bien sans crainte et sans pudeur, et non sans crainte ni sans pudeur.
Nier.—Ce verbe prend deux i aux deux premières personnes du pluriel de l’imparfait de l’indicatif et du présent du subjonctif. Nous niions, vous niiez, que nous niions, que vous niiez.