[75] Priapeia, carm. 3.
Un savant du nom de Paxamos écrivit aussi un Dôdekatechnon, ou traité des attitudes du baiser[76].
[76] Suidas, Lexicon : Πάξαμος (Paxamos).
On connaît encore, parmi les écrivains érotico-techniques, Sotades Maronita, surnommé Cinaedologus. (Dans le baiser inverti, de mâle à mâle, le cinaedus est le partenaire passif, qui paedicatur.) Son style était tellement licencieux que l’épithète de sotadique est restée à tout genre de livre remarquable par son impudicité[77].
[77] Athénée, Banquet, XIV, 4.
A en croire Aristophane, l’atmosphère était singulièrement favorable à ce genre de littérature ; le poète comique a fréquemment mis au grand jour de la scène et fouaillé la passion des Athéniennes pour le baiser.
Sur l’invitation de Lysistrata à s’abstenir du baiser (a pene), les femmes se détournent, se mordent les lèvres, secouent la tête, pâlissent, pleurent, déclarent préférer passer par le feu plutôt que se priver « de ce qu’il y a de plus doux au monde », plutôt que de s’endormir sans une tendre caresse (sine mentula). Lysistrata les appelle « sexe dissolu, bonnes seulement pour l’amour. » Cependant une Lacédémonienne Lampito, consent au sacrifice, bien qu’à regret, et ce n’est enfin qu’à grand peine que Lysistrata peut arriver à faire prononcer à l’assemblée des femmes le serment suivant :
« Je n’accueillerai ni amant ni époux, avec quelque ardeur qu’il me presse (qui ad me accedet, rigente nervo). Je vivrai chez moi, dans la chasteté, bien parée, vêtue d’une tunique transparente, afin d’inspirer à mon époux les plus ardents désirs. Jamais je ne lui céderai de bon gré. Et s’il me fait violence, je me donnerai froidement et sans ajouter le moindre mouvement passionnel, je ne lèverai pas mes jambes en l’air, et je ne prendrai pas de posture accroupie, comme les lions sculptés sur les manches de couteau. »
Praxagora, s’adressant à sa lampe, lui dit : « A toi seule notre confiance, et tu la mérites, car tu es près de nous lorsque sur nos couches nous essayons les différentes postures des plaisirs de Vénus. »
La même Praxagora, se félicitant de ce que les femmes ne changent jamais, explique : « Elles font enrager leurs maris comme autrefois ; elles reçoivent des amants chez elles comme autrefois ; elles aiment le vin pur comme autrefois ; elles se plaisent à faire l’amour (subagitari) comme autrefois. » Aussi veulent-elles abolir les courtisanes afin d’avoir les premiers baisers des jeunes gens. Il ne convient pas que des esclaves attifées ravissent aux femmes libres leurs plaisirs. Et elles sont exigeantes autant que dévergondées.