Canterel, parlant bas, nous emmena au loin sans bruit pour laisser en paix s'accomplir cette crise salutaire. Il félicita Malvina d'avoir déterminé, par son chant, un heureux événement susceptible de hâter le rétablissement du malade—puis nous fit accomplir, par un nouveau sentier, une assez longue descente.

CHAPITRE VI

La nuit s'était faite, et la lune, presque ronde, brillait magnifiquement dans un ciel sans nuages.

Foulant derechef les régions basses du parc, nous aperçûmes, à quelque distance d'une rivière bordée de rochers, une vieille pauvresse à tignasse grise, travaillant, assise à une table encombrée, entre une svelte négresse aux bras nus et un bel enfant de douze ans vêtu de haillons.

Canterel nous présenta de loin les trois personnages.

Un dimanche soir, à Marseille, au terme d'une traversée récente, le maître avait remarqué, au milieu d'un rassemblement, une certaine Félicité, sibylle fameuse, en train d'exercer en plein vent, avec l'aide de son petit-fils Luc, l'art de la divination.

Faisant la part du charlatanisme, Canterel, durant la séance, fut souvent frappé par des pratiques vraiment curieuses, qu'il rêva d'utiliser pour divers travaux personnels.

La foule dispersée, il conclut un marché avec la devineresse, pour s'assurer momentanément, sans réserve, son concours et celui de l'enfant.

Amenés à Locus Solus, Félicité et Luc, par leurs bons offices, réalisèrent les espérances du maître, qui leur avait enjoint, en notre honneur, de se tenir aujourd'hui sous les armes.

La négresse était une jeune Soudanaise nommée Siléis.