Il prit et déploya ces feuilles, couvertes de fin texte manuscrit, puis en commença la lecture, après avoir, de sa place même, lancé dans la cheminée sa cigarette finie.
Aux manières qu'il eut bientôt on put deviner que chaque ligne le faisait pénétrer plus avant dans les profondeurs de quelque hideux secret insoupçonné.
C'était avec difficulté, en tremblant, qu'il tournait les pages, sans cesse plus avidement dévorées par lui.
Parvenu au bout de l'écrit, il s'immobilisa, en proie à une inconsciente stupeur.
Puis une réaction se produisit, et, se tordant les mains, il parut envahi par un flot de pensées effroyables.
Enfin, reconquérant son calme, il se prit, les coudes sur le bord de la table, à réfléchir longuement, le front appuyé dans ses paumes.
Il sortit de sa méditation avec la froide assurance que donne la possession d'un plan immuablement arrêté.
Le verso de la dernière feuille manuscrite portait en son milieu, tracée fort gros sous la ligne finale du texte, cette signature: «François-Jules Cortier», que ne suivait aucun post-scriptum.
Trempant une plume dans l'encre, le jeune homme se mit, en serrant, à écrire sur la demi-page blanche que ce verso lui offrait. Après l'avoir noircie presque entièrement, il signa ce nom: «François-Charles Cortier» en forçant son écriture—puis, sous le premier c, non pourvu encore d'annexe, dessina vite dans la position voulue, avec l'aisance que procure une longue routine, un serpent recourbé qui servit de cédille.
En reportant, avec un brusque soupçon, les yeux sur l'autre signature, on découvrait que celui qui en était l'auteur avait aussi, en guise de cédille, exécuté avec sa plume un serpent exigu.