—Ne le faites pas, je vous en conjure, car je ne suis pas coupable d'un tel acte.
Sans faire attention aux prières du vieillard, Ibn-Bahdal écrivit un billet, et, l'ayant donné à un de ses cavaliers, celui-ci prit aussitôt la route de Damas.
Consterné de ce qui venait d'arriver, Abdallâh s'écria:
—Ne m'accusez pas ainsi injustement! Je vous en conjure au nom de Dieu, ne me représentez pas aux yeux du calife comme un rebelle, car je suis prêt à obéir à tous ses ordres!
—Faites donc descendre votre fils.
—On nous a donné de vous une mauvaise opinion; mais promettez-vous qu'il ne lui arrivera aucun mal?
Les Kelbites le lui ayant promis de la manière la plus solennelle, Abdallâh dit à son fils:
—Que Dieu me maudisse si tu ne descends pas de ton cheval!
Alors Djadj obéit, et, jetant sa lance à terre, il s'avança lentement vers les Kelbites, en disant d'une voix sombre:
—Ce jour vous portera malheur, mon père!