Cet ordre fut exécuté sur-le-champ. Omaiya, au comble de la fureur, criait vengeance contre les perfides vizirs qui, après l’avoir bercé d’espérances trompeuses, le chassaient comme un vil criminel, et il essayait d’intéresser les officiers à sa cause; mais comme ceux-ci étaient accoutumés à obéir aux membres du conseil, les promesses qu’il leur prodigua furent aussi vaines que ses menaces et ses injures. On ne sait pas au juste quel fut son sort. Quelque temps se passa sans qu’on entendît parler de lui. Dans la suite il tâcha de rentrer dans Cordoue, et il y en a qui disent qu’à cette occasion les patriciens le firent assassiner secrètement[454].
Quant au malheureux Hichâm, il s’enfuit du château où on l’avait enfermé[455] et se rendit à la ville de Lérida qui était alors au pouvoir de Solaimân ibn-Houd. Soit oubli, soit dédain, dit un auteur de l’époque, le sénat (car nous pouvons donner désormais ce nom au conseil d’Etat) ne lui avait jamais fait signer un acte d’abdication; jamais il ne lui avait fait déclarer, en présence de témoins, qu’il était incapable de régner et que le peuple était délié de son serment, comme cela se faisait d’ordinaire quand on détrônait un prince[456]. Personne ne s’occupa plus de lui, on l’oublia, et quand il mourut cinq ans plus tard (décembre 1036), sa mort fut à peine remarquée à Cordoue. Le reste de l’Espagne s’en soucia moins encore.
FIN DU TOME TROISIÈME.
[1] Djowainî, traduction de M. Defrémery, dans le Journ. asiat., Ve série, t. VIII, p. 363, 364.
[2] Chwolsohn, Die Ssabier und der Ssabismus, t. I, p. 283-291.
[3] Comparez le passage du Fihrist cité par M. Chwolsohn, t. I, p. 289.
[4] Weil, t. II, p. 107.
[5] Macrîzî, dans le Journ. asiat., IIIe série, t. II, p. 134.
[6] Djowainî, dans le Journ. asiat., Ve série, t. VIII, p. 364, 365.