—J’accepte vos conditions, lui dit-il; jouons donc!

—Avec grand plaisir, lui répondit Ibn-Ammâr; mais faisons les choses dans les règles; permettez qu’un tel et un tel—et il nomma plusieurs nobles castillans—soient nos témoins.

Le roi y consentit, et dès que les nobles qu’Ibn-Ammâr avait nommés furent arrivés, le jeu commença.

Alphonse perdit la partie.

—Puis-je maintenant demander ce que je veux, comme nous en sommes convenus? demanda alors Ibn-Ammâr.

—Sans doute, répliqua le roi; voyons, qu’exigez-vous?

—Que vous retourniez dans vos Etats avec votre armée.

Alphonse pâlit. En proie à une excitation fiévreuse, il mesurait la salle à grands pas, se rasseyait, puis se remettait à marcher.

—Me voilà pris, dit-il enfin à ses nobles, et c’est vous qui en êtes la cause. Je craignais une demande de cette nature de la part de cet homme, mais vous me rassuriez, vous me disiez que je pouvais être tranquille; je cueille à présent le fruit de vos détestables conseils!

Puis, après quelques moments de silence: