- LE LATIN MYSTIQUE (Etude sur la poésie latine du moyen âge) (G. Crès, édit.).
- LE LIVRE DES MASQUES (Ier et IIe), gloses et documents sur les écrivains d'hier et d'aujourd'hui, avec 53 portraits par F. Vallotton.
- LA CULTURE DES IDÉES.
- LE CHEMIN DE VELOURS. Nouvelles dissociations d'idées.
- LE PROBLÈME DU STYLE. Questions d'Art, de Littérature et de Grammaire.
- PHYSIQUE DE L'AMOUR : Essai sur l'instinct sexuel.
- ÉPILOGUES. Réflexions sur la vie. 1895-1898 ; 1899-1901 (2e série) ; 1902-1904 (3e série) ; 1905-1912 (volume complémentaire) ; 4 vol.
- DIALOGUES DES AMATEURS SUR LES CHOSES DU TEMPS (Epilogues, 4e série, 1905-1907.)
- NOUVEAUX DIALOGUES DES AMATEURS SUR LES CHOSES DU TEMPS (Epilogues, 5e série, 1907-1910).
- ESTHÉTIQUE DE LA LANGUE FRANÇAISE, édition revue, corrigée et augmentée.
- PROMENADES LITTÉRAIRES (1re, 2e, 3e, 4e et 5e séries) ; 5 vol.
- PROMENADES PHILOSOPHIQUES (1re, 2e et 3e séries) ; 3 vol.
- DANTE, BÉATRICE ET LA POÉSIE AMOUREUSE.
- PENDANT L'ORAGE.
- PENDANT LA GUERRE.
IL A ÉTÉ TIRÉ DE CET OUVRAGE :
Trois exemplaires sur Japon impérial, numérotés de 1 à 3 ;
Douze exemplaires sur papier de Hollande, numérotés de 4 à 15.
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C'est une chose que j'ai dite obscurément, il y a déjà bien longtemps (à propos d'un livre de M. d'Annunzio), qu'un roman est un poème et doit être conçu, exécuté comme tel, pour être valable.
Je disais donc :
« Le roman ne relève pas d'une autre esthétique que le poème ; le roman originel fut en vers : c'est l'Odyssée, roman d'aventures, c'est l'Enéide, roman de chevalerie ; les premiers romans français étaient, nul ne l'ignore, des poèmes, et ce n'est qu'assez tard qu'on les transposa en prose pour les accommoder à la paresse et à l'ignorance de lecteurs plus nombreux. De cette origine, le roman garde la possibilité d'une certaine noblesse, et tout véritable écrivain, s'il s'en mêle, la lui rendra : à qui voudrait-on faire croire que Don Quichotte n'est pas un poème, que Pantagruel n'est pas un poème, que Salammbô n'est pas un poème? Le roman est un poème ; tout roman qui n'est pas un poème n'existe pas. »
Flaubert ne m'avait pas encore appris, par les lettres qui racontent la composition douloureuse de Madame Bovary, qu'il faut « donner à la prose le rythme du vers (en la laissant prose, très prose) et écrire la vie ordinaire comme on écrit l'histoire ou l'épopée ». En méditant cela, j'ai trouvé que Flaubert outrait de peu l'idée qu'il faut avoir de la prose littéraire, dont la beauté ne peut être faite que de mots et de rythme, le rythme étant primordial. La méthode qu'il voulait pour le roman, je la crois bonne aussi pour la comédie, le conte, même qui n'est qu'une anecdote, tout écrit, presque, et le simple article destiné à la matinée d'un journal. Il n'est point d'art inférieur. Un article peut être un poème, dès qu'on lui a assigné le rythme sur lequel il déroulera sa brève pavane. Le rythme trouvé, tout est trouvé, car l'idée s'incorpore à son mouvement, et le peloton de fil ou de soie se forme sans que la conscience d'un travail soit quasi intervenue.
Le conte, il me semble, réclame une condition particulière : il faut, pour l'écrire, l'illusion, au moins brève, d'être heureux ; une après-midi gaie convient. Et ceci l'apparente plus étroitement au poème que ne saurait faire une théorie raisonnée. Etre heureux, c'est-à-dire avoir joui d'une fleur, de celles que l'on voudra, ou de l'éclat de tels yeux : alors on considère avec intérêt les jeux des autres êtres. En effet, étant heureux, ou presque, on ne peut plus rester chez soi, où on ne vit bien que par le désir. Un conte, c'est une promenade.