— Chère amie!
Elle laissa prendre sa main, que la dame d'honneur couvrit de baisers.
« Ils se superposent, pensait-elle, mais les derniers n'effacent pas les premiers. Vos lèvres, pauvre couple, se rencontrent encore avec ferveur, mais sur ma peau… C'est bien curieux… »
— Ah! reprit-elle tout haut, maintenant que vous êtes certaine de retrouver votre bonheur un jour ou l'autre, j'espère que vous serez prudente. D'après les confidences que j'ai reçues, les joies conjugales ont un peu lassé votre mari. Les hommes n'aiment pas qu'on leur fasse des avances…
— Oh! entre mari et femme! N'importe, je serai prudente, généreuse amie…
— Plus généreuse encore que vous ne croyez! Car, enfin, votre mari est séduisant. Il est jeune, plus jeune que moi, beau, ardent, passionné…
— Il le fut.
— Il l'est encore, soyez-en sûre, et vous ne tarderez pas à vous en apercevoir. Si je n'avais pas renoncé à tout, si je n'étais pas princesse… A votre place, je serais jalouse.
— Ah! Dieu, je connais trop votre cœur.
— Alors vous allez rentrer chez vous pleine de confiance? Encore un peu triste?