L'amateur d'estampes prit sur lui de mettre la main de Christiane dans celle de M. Durand. Christiane faisait des yeux étonnés. M. Durand baisa en rougissant la petite main obéissante et Christiane comprit que cet homme l'aimait et désirait son bonheur. Cette pensée la rendait déjà heureuse.
Christiane s'arracha aux compliments, aux baisers de ses amies. Elle monta à sa chambre et, assise près de la fenêtre, elle contemplait la mer, qu'elle trouvait naïvement pareille à l'infini de sa vie.
Elle rêvait depuis un instant, quand un bruit lui fit remuer la tête. Elle écouta. On eût dit des sanglots. Elle se leva, regarda. A genoux près du lit, et à demi caché par le rideau retombé, le petit garçon pleurait, la tête enfoncée dans les couvertures.
Christiane s'approcha et, prenant l'enfant par les épaules, le releva et l'attira vers elle :
— Qu'est-ce qu'il y a donc, mon petit?
— Christiane! Christiane!
— Quoi donc?
— Oh! Christiane!
— Voyons, assieds-toi près de moi et dis-moi ce que tu as. Elle s'était laissé tomber sur le lit, toute émue par ce gros chagrin. Elle reprit, quand le petit garçon fut près d'elle, la tête appuyée à son épaule :
— On t'a grondé?