Viens, je suis l’Amm où croît toute plante odorante,

La vue de ton amour me rend trois fois plus belle.

Je suis le champ royal où ta faveur moissonne,

Viens vers les acacias, vers les palmiers d’Ammonn ;

Je veux t’aimer à l’ombre bleue de leurs flabelles.

Je veux encore t’aimer sous les yeux roux de Phrâ

Et boire les délices du vin pur de ta voix,

Car ta voix rafraîchit et grise comme Elel.

O marjolaines de mon frère, ô marjolaines,

Quand ta main comme un oiseau sacré se promène