Cependant, une vieille mendiante arrivait en grognant :
— Ah! vieux, tu ne peux pas rester là ; c’est ma place, j’y dors toutes les nuits. Ce trou-là est à moi, à moi, tu entends?
Et, comme le vieux obéissait docilement, la vieille, après l’avoir examiné, s’informa :
— D’où êtes vous? Je ne vous reconnais pas. Comment vous appelez-vous?
— On me nomme le vieux Jose.
— Et moi on me nomme la vieille Josette.
Ils se regardèrent en silence ; ils se souvenaient.
Mais ils avaient tant souffert et leurs cœurs étaient devenus si secs, si pareils à ces feuilles mortes que se disputaient leurs misères, qu’ils ne trouvèrent rien à se dire.
La vieille Josette se tassa dans le trou, comme une bête, tandis que le vieux Jose, reprenant son bâton, s’en allait.